James Suckling
avril 2026
« Un rouge à la fois charnu et soyeux, avec des sous-tons de baies noires, de noisette et d'épices qui se prolongent sur un palais de corps moyen à plein, avec des fruits frais et une finale fraîche. »

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Le millésime 2025 est le troisième signé par les équipes de Michel Reybier, avec Angélique Vigouroux — maître de chai de Cos d'Estournel — à la direction technique. La cheffe de cave de Cos d'Estournel reste à son poste tout en prenant la direction technique de Cos Labory, et l'on sent à quel point le curseur a bougé : le vin tourne le dos au style charpenté et rustique d'autrefois pour gagner en finesse, en tension et en précision. L'assemblage joue cette année une carte inhabituelle, avec une part nettement plus marquée de cabernet franc et l'absence de petit verdot — ce qui se traduit dans le verre par une bouche plus élancée, davantage d'épice et de croquant que de muscle. Malgré la proximité avec Cos d'Estournel, le projet est de préserver l'identité propre de Cos Labory, et c'est bien un vin différent qui se construit, plus svelte et plus aérien.
Ce qui rend Cos Labory attachant, c'est sa position géographique : un long ruban de graves profondes sur la colline de Cos, posé entre Cos d'Estournel et Lafite-Rothschild, avec une partie du vignoble qui frôle Lafon-Rochet. Les 18 hectares se déploient pour l'essentiel en une longue bande étroite à l'ouest de Cos d'Estournel, le reste se trouvant près de Lafon Rochet. C'est cette signature de terroir — la salinité médocaine, la fraîcheur de l'estuaire, des tanins qui parlent du sol plus que du bois — qui distingue le cru de ses voisins de même rang. Ajoutez le fait que le domaine a été cédé par la famille Audoy à Reybier après plus de soixante ans de gestion familiale, et que 2025 marque le premier millésime véritablement réalisé par les nouvelles équipes arrivé à maturité de style : il y a là une bouteille à suivre, achetée au prix d'un cinquième cru classé alors qu'elle vise nettement plus haut.
Dans le verre, on peut s'attendre à un vin élancé et lumineux, sur les baies noires fraîches, la mûre et la pivoine, relevé d'un trait mentholé et de notes torréfiées discrètes. L'attaque est crémeuse, le milieu de bouche tendu par une acidité vibrante, la finale saline et longue — c'est un Saint-Estèphe qui joue la carte de la digestibilité plus que celle de la puissance. À boire dès 2029-2030 pour ceux qui aiment les tanins encore vifs, à attendre dix à quinze ans pour que la matière se fonde et que le terroir prenne toute sa parole. Une belle bouteille de table, à ouvrir sur un agneau rôti, un canard aux cerises ou un plateau de vieilles tommes.
La critique
James Suckling
avril 2026
« Un rouge à la fois charnu et soyeux, avec des sous-tons de baies noires, de noisette et d'épices qui se prolongent sur un palais de corps moyen à plein, avec des fruits frais et une finale fraîche. »
William Kelley (Wine Advocate)
avril 2026
« Offrant des arômes de prunes, de baies noires et de copeaux de crayon, le Cos Labory 2025 est de corps moyen à plein, avec un cœur de fruit vif soutenu par des tanins doux et poudreux. »
Jane Anson
avril 2026
« Si vous aimiez le caractère rustique à l'ancienne de Cos Labory, vous ne le trouverez pas ici — ce vin est plutôt élancé, juteux, un peu réservé, mais d'une grande qualité. Beaucoup plus de Cabernet Franc dans ce millésime, et pas de Petit Verdot (très différent de l'année dernière où le Petit Verdot était très présent et le Cabernet Franc presque absent), et le résultat se traduit par des tanins nerveux, des fruits de mûre et de pivoine, toujours soutenus par des tanins austères et une concentration qui parlent des sols. Agréable, si inattendu. Dernière année en conversion bio. »
Jean-Marc Quarin
avril 2026
« Couleur noire. Nez intense, fin, fruité et pur, évoluant vers des sensations de fruits noirs heureuses rarement vues auparavant. Minutieux en entrée de bouche, très, très aromatique, avec un gras fin parcourant le palais et beaucoup de saveurs, le vin s'achève puissant, profond, dans un magnifique déroulé. C'est superbe ! A remarquer qu'il n'y a pas de Petit Verdot dans cet assemblage , ceci peut expliquer la permanence du gras fin dans le déroulé. »
Yves Beck
avril 2026
« Les nuances de baies noires mûres et de menthe s'allient à des notes de torréfaction. Élancé en attaque, le vin est légèrement crémeux. Ses tannins offrent de la vigueur, tandis que la structure acide livre du tempérament et une touche tonique vivifiante en fin de bouche. Un vin qui doit canaliser ses différents composants et créer l'équilibre. Il a du peps et de la vigueur, il doit maintenant s’affairer à la mise en place. »
La Revue du vin de France
avril 2026
« Le millésime se repose sur une proportion importante de cabernets francs (11 %) qui apportent de l’épice, du croquant et de la finesse à ce Cos Labory très raffiné et subtil. Un vin d’équilibre, digeste, posé et aérien. Très précis en finale. »

♦ 5ᵉ Cru Classé 1855
Château Cos Labory
La propriété
Détaché du domaine de Cos d'Estournel à la fin du XVIIIᵉ siècle, le Château Cos Labory tire son nom de la colline de Cos et de François Labory, propriétaire jusqu'en 1845. Classé 5ᵉ Cru en 1855, il appartint à la famille Audoy de 1959 à 2023, avant son rachat par Michel Reybier.…
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